La pluie et la neige

Si en partant je riais un peu de ceux qui pensaient que l’on allait mourir gelés, j’ai fini par changer d’avis. Pourtant, tout avait si bien commencé…

 
À notre arrivée à Anchorage, nous avons été accueillis par Patrick et sa famille, des hôtes warmshowers incroyablement cool et généreux. Patrick est venu nous chercher à l’aéroport avec nos boîtes, ce qui a été bien apprécié, avant de mettre à notre disposition son garage et sa maison. Nous avons été grassement nourris de saumon et de saucisse de caribou. Nous avons aussi remporté la palme des cyclistes qui remontent leur vélo le plus rapidement que Patrick ait jamais vu. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a fallu une journée complète à Vincent pour mettre le sien en boîte avant le départ, ce qui a même occasionné quelques sacres, ce que je ne croyais pas possible de sa part.

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Après une journée passée à faire quelques courses, nous avons été escortés par Patrick et Blake jusqu’à la frontière de la ville. À peine laissés à nous-même, nous apercevions nos premiers ours noirs. J’essaie depuis de ne pas sombrer dans la « bearanoïa », mais c’est difficile de ne pas voir un ours dans chaque forme sombre qui se dessine au loin. Une souche? Un ours! Un arbre mort? Un ours! Une roche? Un ours! La faune est bel et bien au rendez-vous, car en plus des ours, nous avons vu trois orignaux, une hermine, des cygnes, des pygargues, des parulines et des tonnes d’autres oiseaux non identifiés.

Les premiers jours, tout se déroulait comme sur des roulettes, il faisait entre 10 et 15 degrés, on était pourchassés par des nuages noirs de temps à autre mais on avait plus ou moins le temps de se faire sécher entre chaque averse. Je mettais le compte de cette absence de péripéties sur notre préparation, parce que cette fois j’avais l’impression d’être cent fois mieux préparée et de savoir plus ou moins à quoi m’attendre. J’avais même un peu peur que ça en devienne ennuyant. La plus grosse péripétie qui nous était arrivée jusqu’à maintenant avait été de se voir confisquer nos deux pommes aux douanes américaines.

 
C’est ainsi que le cinquième jour, nous nous sommes levés alors qu’il pleuvait. Rien d’inhabituel jusque-là, car on commençait à s’habituer à vivre avec les averses. Mais pas d’averses au menu pour nous ce jour-ci, juste de la pluie frette se changeant parfois en neige. C’est également cette journée-là que j’ai constaté que mes « pantalons imperméables » pouvaient désormais s’appeler simplement « pantalons ». Je révisais mentalement la procédure à suivre en cas d’hypothermie quand nous avons décidé de laisser tomber tous nos principes pour finir la journée dans un lodge, bien au chaud. Ce qui aurait été parfait s’il y avait bel et bien eu un lodge dans les environs. Nous sortions du Denali State Park où il n’y avait pas beaucoup de commodités, pas même de l’eau potable ou d’abri. Nous avons donc été forcés de rouler près de 70 km sous la pluie et la neige avant de trouver un refuge de fortune dans une halte routière.

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Le genre d’abri qui peut nous faire pleurer de joie

 
On a donc mis à jour la liste de craintes après une semaine sur la route :
1. Avoir froid
2. Avoir faim
3. Être mouillés et avoir encore plus froid

Le lendemain, le ciel s’est finalement dégagé, juste assez pour nous permettre d’apercevoir les montagnes immenses nous entourant. Après six jours à rouler sous toutes sortes de conditions, nous nous sommes arrêtés à Cantwell, où nous avons pris notre première douche et fait du lavage. Même si la température avoisine toujours les zéro degrés et que les nuages menacent de nous tomber sur la tête, nous sommes prêts à remonter en selle. Direction la Denali Highway, un route non asphaltée qu’on dit incroyable et qui nous mènera à plus de 4000 pieds de hauteur!

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Vincent pourchassé par les nuages

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Vincent pourchassé par les nuages (bis)

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9 réflexions sur “La pluie et la neige

  1. Pingback: La pluie et la neige — une fille, un vélo – VElo6pEde

  2. Salut Stéphanie

    Je suis vraiment content de savoir que tu as repris le bout (sauvage ;-)) des Amériques qui te manquait.
    Profitez-en au maximum, le cyclotourisme, c’est tellement le plus beau moyen de voyager.

    En passant, c’est toujours aussi agréable de lire tes blogues
    Faites attention à vous autres et bonne route.

    Rémi

  3. Hola Chica!!
    Nous allons suivre vos aventures avec la plus grande attention, ce périple faisant partie de nos projets de vélo! Alaska es mi suenio 😉
    Attention aux cacas de chauffeur, aux salmonelles et autres giardiases!
    Faustine, Benjamin et Jules

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